Villa Laurens : les techniques de restauration du salon de musique


De nombreux corps de métier spécialisés dans la restauration des vitraux, menuiseries et peintures murales ont réalisé un véritable travail d'orfèvre pour redonner à la villa Laurens sa splendeur d'antan.

Menuiseries et verres peints

Le lambris est composé d’un encadrement mouluré orné de rosaces sculptées et rapportées, le fond est constitué d’un panneautage. La mise en teinte d’origine témoigne d’une volonté de différenciation des ces trois éléments constitutifs dans le but de créer des contrastes et de mettre en valeur les formes souples et asymétriques des encadrements.

Dans chaque menuiserie, étaient intégrés des verres peints qui ont été restaurés par Virginie Trotignon Aubert, spécialiste de peinture sur verre et sous verre. Cinq d’entre eux ont été déposés et trois autres manquaient.

Le décor polychrome est appliqué au revers de la plaque, avec une vision par la face, au travers du verre. Le décor géométrique en place rappelle celui des vitraux. La palette de couleurs est plutôt riche : bleu, rouge, vert, jaune, rose. Ces dernières sont appliquées en aplat, en une seule couche. Sur la face externe, un filet doré, imitant un faux réseau de plomb, cloisonne chaque motif peint au revers, et rappelle ainsi le vitrail. La matière picturale est peinte à l’huile.

Les verres cassés ont été refixés par la restauratrice selon un protocole bien précis. Tous ont été nettoyés et la couche picturale originale écaillée a été refixée avec soin.

Les restauratrices ont créé de nouvelles plaques de verre, posées devant et légèrement en retrait des anciennes, sur lesquelles elles ont reporté les dessins et appliqué les couleurs les unes après les autres. Ainsi, les plaques originales sont encore en place et leur état de conservation est visible par transparence.

Vitrail

Les murs du salon de musique sont scandés verticalement par 11 baies étroites dont une intègre un battant ouvrant sur l’extérieur.

Des vitraux d’une hauteur de 8.5 mètres s’insèrent dans ces ouvertures, rythmant ainsi l’espace de notes de lumières colorées. Deux ensembles de panneaux alternent tout le long des murs mêlant des motifs floraux et arabesques d’inspiration Art Nouveau.

Les vitraux, qui avaient en grande partie été abîmés par le temps, voire certains détruits, ont été déposés et conditionnés dans des caisses en 1997 afin de les protéger.

En 2013, l’Atelier Talya a été choisi pour la restauration et la remise en place de tous les vitraux du salon de musique.

Des analyses approfondies du réseau de plomb, effectuées par le Laboratoire de Recherches des Monuments Historiques (LRMH), a permis de mettre en évidence la présence de paillettes de laiton sur les plombs qui maintiennent les verres colorés. Cet effet doré n'est pas visible en plein jour lorsque la lumière traverse le vitrail. En revanche, le soir tombé, le réseau de plomb doré s'anime à la faveur de l'éclairage intérieur comme le dôme du salon de musique, signe de la subtilité décorative de la pièce. Au cours du temps, cet effet d'or s'est altéré et a été ravivé grâce à l'intervention des restaurateurs.

 

Peintures murales

Au préalable, une expertise a été conduite par Rosalie Godin (restauratrice) pour évaluer le protocole de restauration à suivre. Une équipe de restaurateurs (Anne Laure CAPRA, Aude OSSILLOUX et Jérôme DATTE) a conduit avec talent la reprise des décors peints du salon de musique.

Après un dépoussiérage de toute la surface, les écailles de peinture encore en place ont été refixées et les fi ssures qui couraient à travers les décors rebouchées. Après un travail de nettoyage qui révèle les couleurs et les tonalités d’origine, les restaurateurs ont comblé les lacunes de manière illusionniste, afin que leur intervention soit la plus subtile et la plus respectueuse possible du décor original.

 

 

 

 

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