Patrimoine

Etude et conservation du patrimoine mobilier
Mis en ligne le 16/06/2008

Aux termes de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, l'appartenance publique des édifices cultuels (les églises appartiennent aux communes, les cathédrales à l'Etat) et de leur mobilier confère aux objets présents dans les églises un caractère inaliénable et imprescriptible.
Par les lois des 20 janvier et 28 mars 1907 ces objets sont définitivement affectés au culte, et cette affectation est prioritaire et prééminente sur tout autre usage, mais non exclusive. Si la loi du 31 décembre 1913 définit les protections dont les objets  peuvent bénéficier (classement ou inscription au titre des Monuments Historiques), c'est la circulaire du 28 septembre 1963 qui met l'accent sur la nécessité de maintenir l'intégralité de ce patrimoine:
« La recrudescence des vols d'objets...impose un renforcement de la vigilance des maires, qui ont pour mission de veiller à la sauvegarde de ce patrimoine communal, en liaison avec les autorités religieuses qui en ont la jouissance »
Dans le cadre de ses compétences patrimoniales, la Communauté d'agglomération Hérault Méditerranée a signé le 22 juin 2007 une convention d'étude et de conservation du patrimoine mobilier avec la Direction régionale des affaires culturelles du Languedoc-Roussillon.

La première  commune a avoir bénéficié de cette convention est Saint-Thibéry et son église de l'ancienne abbaye bénédictine. Ce projet sur le patrimoine mobilier s'inscrit dans la continuité de la politique de conservation mise en oeuvre par la Conservation régionale des Monuments historiques en collaboration avec les collectivités territoriales et porte essentiellement sur le patrimoine religieux catholique relevant essentiellement du domaine public.
A l'exemple de nombreuses communes, le patrimoine mobilier de notre territoire est abondant, varié, riche d'histoire et souvent d'une grande qualité plastique, s'en que l'on en ait vraiment  conscience. Ce patrimoine est conservé essentiellement dans les églises, mais aussi dans les autres bâtiments publics comme les hôpitaux ou les mairies, et constitue le premier musée du territoire, quelque soit l'échelle de celui-ci, qu'il soit communal ou communautaire, départemental ou régional.
Mais ce patrimoine, constitué de centaines d'oeuvres, voire de milliers dans le cadre géographique d'un département ou d'une région, est hélas aujourd'hui endormi, par méconnaissance et désintérêt.
Si l'architecture est étudiée et protégée depuis la fin du 18es siècle (le terme Monument historique apparaît dès 1790) la prise en compte du patrimoine mobilier, hors musée, n'apparaît qu'à la fin du 19e siècle et ne s'affirme que depuis quelques années.
Ces objets à forte valeur patrimoniale sont donc menacés ainsi que le décors qui les environnent; le danger de les voir disparaître définitivement augmente lorsque les églises ou les chapelles sont rarement ouvertes au culte, ou plus du tout.

Les décors de ces sanctuaires sont constitués par:
- le mobilier monumental (tombeau, dalles funéraires...)
- le décor lié à l'architecture (décor de portail, de tympan, de voûte, revêtement mural, chapiteau, verrière, retable...)
- le mobilier proprement dit (autel, bénitier, fonts baptismaux, chaire à prêcher, appui de communion...)
- les objets du culte (vaisselle liturgique, calice, ciboire; ostensoir, vêtements...)
- La statuaire
- Les tableaux
- Les orgues, les instruments de musique, les cloches 
 
L'étude vise à identifier et évaluer les points forts de ce patrimoine local selon la méthodologie et les normes nationales du ministère de la Culture.  Cette étude se compose de plusieurs phases. La première, d'ordre documentaire, consiste à réunir l'ensemble des documents historiques et descriptifs (archives, notices historiques, bibliographie, dessins, photographies anciennes). L'ensemble de ces renseignements documentaires est organisé, enregistré et mis en relation avec les illustrations pour constituer un dossier numérique dans la base de données mise au point par la DRAC Languedoc-Roussillon
L'objet, qu'il s'agisse de peinture, boiserie, sculpture etc., est référencé en relation au bâtiment qui le contient; il est mesuré, décrit, commenté et daté. Cette base de données, alimentée par les chargés du projet, devient donc un outil de gestion partagé entre la Conservation régionale des Monuments historiques, la conservation des Antiquités et Objet d'art de l'Hérault et les différents porteurs du projet, en l'occurrence ici la CAHM .
Mais cette simple étude ne saurait suffire à appréhender l'objet dans sa réalité quotidienne, comme les conditions de sa conservation, qui sont parfois extrêmes, ou sa facilité à disparaître, suite à un vol ou une destruction, volontaire ou involontaire (l'épisode de la cathédrale de Perpignan en septembre 2007 a récemment mis l'accent sur la valeur de ce patrimoine et les dangers auxquels il est exposé). Il convient donc de dresser  un bilan sécuritaire des oeuvres.
Enfin, la dernière étape, et pas la moindre, consiste à dresser le bilan des urgences en conservation et restauration. Pour la communauté d'Agglomération il s'agit d'amener, voire d'accompagner, sous une forme à déterminer, le propriétaire, en l'occurrence la commune pour le patrimoine religieux, à entreprendre les travaux nécessaires en conservation et restauration.
L'exemple le plus récent d'une restauration d'importance revient à la commune de Saint- Thibéry. A titre expérimental, et anticipant sur notre projet, l'agglomération a joué dès 2004 le rôle d'interface auprès de Monuments historiques et de la commune pour coordonner la restauration de deux immenses tableaux datés du18e siècle protégées au titre de Monuments historiques en 1992 et appartenant à l'illustre abbaye bénédictine.
D'une valeur patrimoniale d'exception pour la commune et d'un intérêt inestimable sur un plan artistique, les deux tableaux seront remis en place après restauration dans la nef de l'église lors des journées du patrimoine des 20 et 21 septembre 2008 
D'autres exemples de restaurations d'objet civil ou religieux ont été entrepris par d'autres communes, comme le mobilier et les verrières du château Laurens de la ville d'Agde en  2002. Aujourd'hui, avec la mise en place de ce projet, l'Agglomération vise à mutualiser les moyens afin de mieux faire connaître son patrimoine et aider les communes à le restaurer et le mettre en valeur.
L'intérêt de la valorisation du patrimoine n'est plus à démontrer et  peut prendre différentes formes. On rappellera pour sa qualité de mise en oeuvre et le succès auprès des publics le cas de la collégiale Saint-Jean de Pézenas avec l'aménagement en 2003 de la salle du «Trésor» (ensemble des objets précieux détenus par une église pour le service, ou l'ornement, du culte).
La valorisation du patrimoine peut également se traduire sous la forme d'une publication, comme celle de « Trésor »de la collégiale saint-Jean de Pézenas, éditée par les éditions Actes Sud, ou celle du château Laurens, aujourd'hui épuisée tant la demande a été abondante. D'autres formes sont largement reconnues comme les circuits patrimoniaux, les conférences, les animations scolaires et Internet.
Etudier ce patrimoine mobilier permet de mieux comprendre l'histoire d'une époque qui a produit les oeuvres de ces communes. Les protéger et les valoriser revient à renouer avec l'histoire de notre territoire et les générations d'artistes, d'artisans ou d'ateliers qui ont traduit dans la forme les mentalités des hommes et des femmes des  siècles précédents. Avec le concours de tous, cette opération vise donc à transmettre aux publics les plus divers et les plus larges un patrimoine historique et artistique dont les communes et l'agglomération sont les principaux acteurs de médiation et les dépositaires privilégiés.


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